La semaine dernière, j’ai assisté à la conférence GeoWeb 2008 à Vancouver, organisée par Galdos Systems. Le thème de cette année était « Infrastructure : Local to Global ». Cette conférence traite principalement de la fusion des technologies, méthodes et applications SIG avec l’Internet. Il y avait environ 350 participants dont le type variait du traditionnel professionnel des SIG au nouveau venu qui utilise des outils tels que Google Maps ou Microsoft Virtual Earth pour augmenter les capacités des sites Web ou d’applications spécialisées. Cet article présente quelques-uns des sujets ayant généré le plus d’intérêt. Même si plusieurs autres sujets ont été abordés, voici ceux qui sont ressortis du lot.
Standards
Afin qu’ils soient réellement géo-habilités, les standards doivent jouer un rôle important dans le GeoWeb. La majorité des conférences traitaient, sous une forme ou autre, de l’importance de standards tels que WMS, WFS, cityGML et autres. Le format KML, maintenant reconnu comme standard, a probablement fait l’objet de la majorité des discussions. La conférence de John Bailey de l’Université de l’Alaska-Fairbanks traitait spécifiquement des logiciels libres permettant de générer du KML. M. Bailey a présenté plusieurs outils disponibles qui en sont à différents stades de développement. De plus, il nous a informé sur le fait que l’Université développe actuellement ses propres outils de code source libre pour aider à la génération de KML et planifie de rendre ces derniers disponibles à la communauté sous peu.
Infrastructure de données spatiales
Beaucoup de présentations traitaient de la définition et de l’implémentation d’infrastructures de données spatiales ainsi que des enjeux associés à celles-ci. D’un point de vue technique, certaines présentations traitaient de bases de données géographiquement distribuées et de fédération de serveurs SIG alimentant un entrepôt centralisé de données. La nature intrinsèque de ce genre d’infrastructure fait en sorte qu’elle s’adresse principalement aux organisations gouvernementales ou aux grands producteurs de données. L’utilisation de standards, une bonne analyse des processus ainsi que l’observation des règles d’opérations représentent les principaux facteurs de succès pour l’implantation d’une IDS. Un point majeur identifié lors de cette présentation est que, comme dans tout autre système informatique, les enjeux majeurs ne sont pas vraiment techniques mais humains et organisationnels.
Intégration CAD-SIG-BIM
L’acronyme BIM signifie “Building Information modeling”. Au sens large, il s’agit de la modélisation du design et des processus de gestion d’édifices. Il existe actuellement un bon écart entre les systèmes BIM et les SIG. Par contre, cet écart se rétrécit. On a qu’à penser à l’ajout de modèles 3D de surfaces extérieures des édifices qui sont actuellement ajoutés à Google Earth. Plusieurs conférences ont justement porté sur la modélisation simple de ces modèles 3D. Par contre, une conférence en particulier, celle de Kimon Onum de la FAIA, tentait de démontrer une intégration complète du SIG, CAD et BIM dans le cadre d’un design d’un nouveau quartier et ses édifices lors d’un « BIM storm ».
Concepts temporels dans le GeoWeb
Même si il est passé un peu inaperçu, le sujet des concepts temporels dans le GeoWeb a définitivement généré un grand intérêt. Les concepts liés aux données historiques exactes, à la gestion des données dans le temps et à la rectitude des données actuelles deviennent des enjeux de plus en plus importants pour les grands gestionnaires de données. Certains analystes croient que la génération actuelle sera la première dans l’histoire de l’humanité à ne pas laisser de traces de son existence historique parce que la majorité des données sont conservées maintenant de façon électronique. Les formats de fichiers périmés, les fichiers corrompus ou tout simplement perdus sont toutes des causes engendrant la perte de données historiques. Le monde des SIG, tout comme les autres producteurs de données électroniques, doit développer une méthodologie pour gérer ce problème. Plusieurs projets sont actuellement en cours afin de trouver une solution, mais beaucoup de travail reste encore à faire.
GeoWeb « Open source »
Un des moments forts de la conférence fut un forum de discussion sur trois solutions « open source » utilisées pour partager de l’information géographique sur le Web: MapServer, GeoServer, MapGuide. L’élément principal qui est ressorti de cette discussion est que chacun de ces outils rempli un rôle spécifique et qu’ils peuvent tous être utiles à leur façon. MapServer est un API rapide et puissant qui permet à des programmeurs de concevoir des applications web de cartographie, mais qui offre peu de fonctionnalités client par défaut. GeoServer est un engin JAVA principalement développé autour des standards de l’OGC tels que WMS, WFS, WCS, SLD, etc. qu’il supporte d’ailleurs très bien. Finalement, MapGuide, offert à la communauté « open source » par Autodesk, représente une solution plus clé en main, tant au niveau de sa console de gestion que de son interface client. Ces interfaces permettent de gérer l’accès aux données plus aisément et de faciliter le déploiement d’applications de cartographie interactive. Des boîtes à outils complémentaires, disponibles aussi en « open source », confèrent à MapGuide une interface client Web 2.0 (utilisant une approche AJAX).
Offres grand public (Google et Microsoft)
Les deux conférences principales, données par Google et Microsoft, ont généré un grand intérêt. Les rôles mutuels de ces compagnies dans le développement, la démocratisation et la popularité du GeoWeb sont sans équivoques. Les deux présentations brossaient un bon tableau de l’importance d’ajouter du géospatial au Web ainsi que de l’avenir de cette tendance. Retenons un commentaire du Dr. Henry Kissinger à Michael T. Jones de Google qui disait : « Rechercher n’est pas comprendre ». L’avenir doit donc être orienté sur une meilleure interprétation de l’information et une augmentation des capacités d’analyses permettant de prendre de meilleures décisions que sur une simple recherche d’information.
En rétrospective, cette conférence s’est avérée fort intéressante et incluait une gamme assez large de sujets qui pouvaient intéresser plusieurs types d’usagers provenant des domaines du CAD, de la géomatique ou des développeurs désirant augmenter les fonctionnalités de leurs applications.


