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À propos de l’imagerie dans Google Earth
Par Frank Taylor , Google Earth Blog
19 mars 2009

NDLR de Directions Magazine français: Ce qui suit est la traduction autorisée d'un article de Frank Taylor paru sur Google Earth Blog le 16 mars 2009.

Vous seriez surpris d'apprendre combien de personnes peuvent penser que les images affichées dans Google Earth sont en temps réel ou, à tout le moins, qu’elles ne datent pas de plus d’une journée. J’imagine que cette impression vient de l’habitude de regarder des images météorologiques satellitaires qui ne sont jamais plus vieilles que quelques heures, ou encore des radars météo en direct. En réalité, l’acquisition d’imagerie en haute résolution est très difficile. Les satellites météorologiques sont en orbite géosynchrone (à environ 36 000km d’altitude). Les satellites de haute résolution (comme ceux opérés par des compagnies de satellites commerciaux comme GeoEye ou DigitalGlobe) se déplacent à quelques centaines de kilomètres à peine au-dessus de la Terre. Cela signifie qu’ils ne couvrent qu’une petite partie de la Terre avec leurs caméras, à chaque tour. En général, ils font le tour de la Terre en 90 minutes, mais ne couvrent que 1% de la surface terrestre par rotation (on peut discerner ces bandes dans les images de Google Earth). Puis, ce 1% est surtout composé d’eau. De plus, l’imagerie pour Google Earth ne sera vraiment utilisable que si le soleil se trouve à un angle suffisamment élevé au moment où le satellite survole un endroit donné (de façon à ce qu’il n’y ait pas trop d’ombres), s’il n’y a pas de nuages et s’il y a le moins de pollution/brume sèche possible. Croyez-le ou non, les moments où toutes ces conditions sont réunies sont plutôt rares.

Une fois l’imagerie saisie, un certain temps est nécessaire pour qu’elle soit traitée par un fournisseur commercial comme GeoEye avant d’être mise à la disposition des clients. Google est l’un de ces (très gros) clients. Google doit évaluer la nouvelle imagerie en la comparant avec l’imagerie actuelle, pour déterminer laquelle est la meilleure. J’imagine qu’ils tentent actuellement d’automatiser cette tâche, autant que possible. Toutefois, pour des régions importantes, où l’on retrouve de grandes populations, cette activité implique fort probablement des gens. Ce processus prend du temps – surtout quand on pense à la superficie totale occupée par les masses continentales. Une fois qu’une image a été retenue, elle doit être formatée et intégrée dans le système de coordonnées des bases de données de Google Earth. Ensuite, elle doit encore passer à travers un système de contrôle de la qualité et être soumise à un système de traitement avant d’être distribuée en ligne par le biais des serveurs de la base de données Google Earth. Tout cela n’explique encore qu’en partie pourquoi on ne retrouve aucune imagerie de moins de six mois dans Google Earth et pourquoi les mises à jour ne se produisent qu’une fois tous les 60 jours.

Ce n’est pas toute l’imagerie contenue dans Google Earth qui provient des satellites. Une bonne partie de l’imagerie vient de photographes aériens, pour la plupart dans des avions équipés de caméras à haute résolution particulières. Certaines images viennent même de cerfs-volants et de ballons. Google acquiert de l’imagerie auprès d’une variété de fournisseurs. Une partie de l’imagerie est aussi donnée à Google par divers paliers de gouvernement. L’âge des images varie beaucoup, mais la majeure partie de l’imagerie de haute résolution date de six mois à cinq ans. Encore une fois, puisque l’imagerie provient de plusieurs sources différentes, les processus nécessaires pour la transférer dans Google Earth sont complexes et impliquent beaucoup de temps et d’efforts.

Une autre raison pour laquelle l’imagerie n’est pas plus récente est que l’acquisition d’imagerie aérienne de qualité coûte très cher. Les compagnies qui dépensent ces sommes doivent couvrir leurs frais, d’une façon ou d’une autre. Des images récentes valent plus que des images plus âgées. Par conséquent, ces compagnies sont réticentes à rendre leurs images disponibles gratuitement à tout un chacun dans Google Earth. Lisez les ententes d’utilisation pour Google Earth avant d’essayer d’utiliser l’imagerie à des fins commerciales (plus d’information). Vous ne pouvez pas vendre ou utiliser l’imagerie dans Google Earth dans un but commercial sans permission.

Google a publié de l’imagerie beaucoup plus récente dans Google Earth dans le cas d’événements uniques. Par exemple, pour les Jeux Olympiques 2008 de Beijing, Google a publié des images de Beijing qui ne dataient que de deux semaines.

Toutefois, de l’imagerie en temps quasi-réel de la Terre est disponible dans Google Earth! « Quoi!?! Après tout ça, vous nous dites qu’il y en a? », me demandez-vous. Bien sûr, car il y a la nouvelle couche Nuages, que vous trouverez sous la couche Météo. Les images de nuages sont en fait tirées de satellites météorologiques et présentent une portrait planétaire des nuages datant d’aussi peu que trois heures. OK, ce n’est pas le genre d’imagerie dont vous parliez.

La NASA a une couche appelée DailyPlanet qui montre la Terre au complet, en résolution moyenne, (environ 250 mètres par pixel). Il est possible de voir DailyPlanet dans Google Earth. L’imagerie est prise par le satellite MODIS Terra et traitée le plus vite possible, pour montrer des images complètes de la Terre datant d’entre six et douze heures. L’imagerie est constamment mise à jour. En cliquant sur le lien ci-dessus vous verrez la Terre et des nuages. Certains nuages ne seront pas alignés correctement, parce que le satellite doit faire plusieurs rotations pour que l’image soit complète, et les images doivent être jointes. Si vous faites un zoom sur l’image, vous obtiendrez de l’imagerie en plus haute résolution, jusqu’à un point donné (puisqu’il s’agit de résolution moyenne). Vous vous souvenez des feux de forêt en Californie, en octobre dernier? Vous auriez pu observer la fumée visible depuis l’espace avec cette couche (si ce n’est que la couche n’est disponible que depuis décembre). Vous pouvez voir des tempêtes de sable, des feux, des volcans, de la brume sèche, des sècheresses, des inondations et, bien sûr, des nuages. En ce moment, cette couche de la NASA est l’imagerie terrestre en haute résolution la plus récente à être continuellement mise à jour et mise à la disponibilité de tous.

De plus, puisque Google a ajouté, dans la nouvelle version 5.0 de Google Earth, une nouvelle fonction d’imagerie historique, vous n’êtes plus limité à l’image montrée par défaut dans Google Earth. Google possède des archives d’imagerie qui dépassent largement l’image seule d’un endroit donné. Pour plusieurs endroits maintenant, Google a deux, trois et jusqu’à trente images, à différents points dans le temps, pour un lieu donné. Dans certains cas, vous pourrez même trouver de l’imagerie plus récente que celle qui est montrée par défaut, le plus souvent dans les cas où l’image plus ancienne était meilleure que la récente. L’imagerie historique est une fonction fantastique que j’encourage tout le monde à aller voir. Quoiqu’il en soit, j’espère que cet article vous aura aidé à mieux comprendre d’où viennent les images dans Google Earth et comment tout cela fonctionne. C’est une présentation très générale et basée sur mes propres observations et opinions.

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