La référence de l'industrie du géospatial

 
Autres publications de Directions Media: Directions Magazine | All Points Blog | LBS360.NET | Map Hawk
Conférences: Location Intelligence | Rocket City Geospatial

Annonce spéciale

WEBINAIRE

S'abonner au bulletin

Les bulletins électroniques émis régulièrement vous tiennent à l’affût des nouveautés du domaine géospatial.
COTES BOURSIÈRES DU DOMAINE GÉOSPATIAL

Articles

Les standards du GeoWeb – 1e partie
Par Andrew Turner , Mapufacture
15 septembre 2009

Note: Andrew Turner est très actif au sein la communauté d'experts qui s'affairent à construire le GeoWeb, lequel repose essentiellement sur le développement et la normalisation des formats de données géographiques. Il est par ailleurs le chef de la direction technologique (CTO) de l'entreprise FortiusOne et co-fondateur de Mapufacture. Il nous fait profiter ici de sa vaste expérience du domaine en brossant un portrait global de l'état des standards du GeoWeb, dans le cadre d'une série d'article que nous vous présenterons ici en version traduite, avec la permission de l'auteur. Les articles originaux sont parus en anglais sur le blogue d'Andrew, High Earth Orbit.


Les standards du GeoWeb

1. Introduction

L’utilisation des données géographiques sur le Web, de même que leur interopérabilité, ont atteint une maturité et une pénétration qui exigent qu’on en fasse l’examen. Les appareils mobiles, les services et les applications capables de géolocalisation sont passés dans le domaine grand public, et la plupart des services et des outils de recherche offrent des moyens de trouver ou de partager de l’information en se basant sur la position géographique.

Toutefois, l’état des données géospatiales et des standards d’interopérabilité dénote d’une certaine mixité. Nous avons à la fois des spécifications rigoureuses, développées par des organismes de normalisation solides et qui répondent à des besoins formels, à la fois des normes créées par la communauté et qui font figure de poids plumes en comparaison. Il n’y a eu qu’une intégration superficielle de ces deux approches, et nous devons encore répondre à de nombreux besoins des applications actuelles, sans compter les défis qui se posent dans des domaines nouveaux comme la réalité augmentée, les capteurs en temps réel, la narration et les répertoires géographiques externes, en plus d’autres questions relatives aux médias numériques en général telles que la durabilité et l’ « archivabilité ».

Dans le but de faire le tour de ces différents aspects, d’examiner l’endroit où nous sommes et la direction que nous devrions prendre, je produirai ici une série d’articles explorant les diverses facettes du Web et des données géospatiales. Nous partirons d’un portrait d’ensemble, pour plonger dans des considérations relatives à l’utilisation, la complexité et la taille des données, pour ensuite fournir quelques suggestions pour le futur des standards géographiques.

Ces notes proviennent de la conférence que j’ai donnée à GeoWeb 2009, intitulée « GeoWeb Standards : le chemin parcouru et ce qu’il reste à faire » Elles reflètent une période très active du développement de normes qui rendent justice à certains des aspects uniques aux données géospatiales. Elles illustrent aussi la convergence entre la communauté géospatiale et les collectivités plus larges du Web et des données.

Le Web

Il peut valoir la peine, lorsqu’on se penche sur les standards du GeoWeb, de considérer quelles sont les caractéristiques fondamentales qui ont permis au Web de devenir si efficace et si puissant. La première phrase de l’article Wikipedia sur le Web est la suivante :

Le World Wide Web est un système de documents hypertextes inter-reliés auxquels on accède via l’Internet.
Voilà une définition surprenante de concision. On peut en résumer les éléments clés sous les termes « liens », « documents », « accessibilité » et « ouvert ». J’altère légèrement les mots retenus pour souligner l’importance de ce qui est sous-jacent à un concept comme l’Internet. L’Internet est un réseau de systèmes informatiques ouvert et universellement accessible qui permet à n’importe qui d’accéder à de l’information ou d’en publier – un aspect clé de cette chose unique et dynamique qu’est le Web.

Le GeoWeb, un terme qu’on utilise pour diriger les idées ou les conversations vers le géospatial en particulier, reste une partie intégrante du Web en général, comme le Web sémantique, le Web en temps réel et le Web participatif sont les différents aspects d’une même entité. Le GeoWeb est particulier, sans être nécessairement unique.

Toutefois, il demeure pertinent d’examiner le but et les mécanismes de l’intégration du géospatial dans le Web. L’information géographique, bien que cela soit souvent contesté, doit, comme les autres types d’information, être facilement accessible et inter-reliée. Une perception refait pourtant souvent surface, selon laquelle l’information géographique est, de façon inhérente, plus sensible et doive par conséquent rester du domaine privé. D’autres considérations particulières au GeoWeb incluent la « trouvabilité », la découverte, la collaboration et l’unification. Les données géographiques sont à la fois classables, par définition, étant donné la nature mathématique de leur construction dans l’espace dimensionnel, mais aussi continues, au contraire de l’information textuelle ou de l’information catégorisée.

J’ai déjà discuté de la valeur de la géographie en tant que cadre conceptuel commun, à partir duquel peuvent être combinées et comparées des données issues de domaines disparates. Toutefois, cette caractéristique même peut entrainer des difficultés lorsqu’on tente d’utiliser les structures du Web pour établir des liens vers des données telles que « la température proche des Bermudes la semaine dernière », ou les « emplacements des chantiers en opération versus les sièges sociaux ». Cette information est-elle partagée via des interfaces géographiques de lieu, des boîtes englobantes ou encore par pagination des tuiles?

De plus, la géographie présente aussi la caractéristique, qui est à la fois un avantage et une difficulté supplémentaire, de l’unicité du lieu et de son identification. Cela signifie qu’il est davantage possible de relier des données entre elles, comme on le fait, par exemple, lorsqu’on décrit un bâtiment d’après des informations sur les entreprises, le zonage gouvernemental, la météo et la localisation des utilisateurs. Toutefois, cela devient plus difficile quand il s’agit de déterminer les regroupements des différents magasins à l’intérieur des bâtiments, ou dans des régions qui changent avec le temps.


2. L’état des lieux

Je viens de discuter du Web en général et d’émettre quelques considérations sur les défis particuliers qui se posent dans le cas des standards de données géospatiales pour l’atteinte d’une interopérabilité plus large.

Pour faire l’évaluation de l’état actuel des standards, il est utile de se donner d’abord une vue d’ensemble de ceux-ci, et d’y ajouter quelques idées sur les endroits où ils semblent bien fonctionner, et sur les aspects par rapport auxquels ils doivent faire l’objet d’améliorations.

Notons aussi que cette discussion se concentre avant tout sur les standards de données géospatiales qui sont orientés vers le Web. Il existe de nombreux autres formats de données, mais ils sont soit ésotériques, propriétaires ou trop étrangers au Web pour être utiles à notre évaluation de leur capacité à être utilisés sur le Web.

Les Shapefiles

Bien sûr, en choisissant ce format comme premier exemple, je contreviens un tant soit peu à ce que je viens d’annoncer dans le paragraphe précédent. Les Shapefiles sont ces géodonnées bâtardes qui peuplent le Web. Les Shapefiles sont agaçants, et ce de multiples façons différentes. D’abord et avant tout, il s’agit d’un standard de données propriétaire, et qu’on retrouve beaucoup trop communément sur les différents portails de géodonnées – surtout les portails gouvernementaux. Toutefois, il y a ici trop d’information qui se partage, et d’outils ouverts qui permettent de les utiliser, pour ignorer le rôle qu’ils jouent sur le GeoWeb.

Il est difficile de travailler avec les Shapefiles sur le Web. Ils sont comme des bases de données portables, mais consistent en fait en plusieurs fichiers : fichiers de stockage (dbf), de géométrie (shp), qui font le lien entre les données et la géométrie (shx) et, facultativement, qui définissent une définition de projection (prj). Développés par ESRI, il découle de leur utilisation d’origine en tant que définition de données binaires pour du logiciel de poste de travail certaines limitations historiques, notamment une limite de 12 caractères pour les noms d’attributs et une restriction à un seul type de géométrie (c’est-à-dire qu’on ne peut mélanger les lignes, les points et les polygones).

De plus, en ce qui concerne les standards du Web, ils imposent évidemment la gestion de fichiers multiples, n’ont pas de Type-MIME et ne correspondent pas de caractéristiques Web comme celle de pouvoir établir des liens.

Les microformats – Geo et Adr

Les microformats sont une tentative d’intégration de données à l’intérieur d’un balisage HTML générique. Les formats géospatiaux incluent les coordonnées 2D ou les adresses; geo et adr, respectivement.

Les microformats sont bien parce qu’ils s’intègrent bien à l’intérieur d’un format de données d’usage généralisé et qu’ils permettent à des utilisateurs qui ne sont pas des experts de la géographie d’incorporer facilement de l’information, que ce soit directement ou via des outils simples. Google et Yahoo supportent tous deux ouvertement les Microformats grâce à une fiabilité de recherche améliorée et même des outils de base de manipulation de données fournis à travers des API. D’autres outils comme des bibliothèques et des extensions permettent de faire une utilisation convaincante des Microformats dans des documents géospatiaux.

Toutefois, on compte parmi les limites fondamentales des microformats le fait que geo ne permet que la latitude et la longitude, sans qu’il n’y ait aucun support pour l’altitude. Adr fournit néanmoins des informations plus complètes, sauf que ni geo ni adr ne permettent de lien avec des géométries externes – une lacune commune à la plupart des formats discutés.

Un autre problème des microformats est qu’ils ne permettent pas d’établir de liens avec le contexte à l’intérieur d’un document. Ainsi, alors que vous pouvez inclure des informations de localisation dans un paragraphe, il n'est pas possible d'exprimer la façon dont cet emplacement entre en relation avec le reste d'un article ou d’un texte narratif.

Par exemple, alors qu’il est possible de marquer la localisation de la Maison Blanche, il ne sera pas possible de savoir facilement s’il s’agissait de la localisation d’une conférence de presse, ou simplement que le président s’y trouvait, ou quoi que soit d’autre.

Le GeoRSS

Le GeoRSS est né du simple désir d’inclure de la localisation aux fils RSS et Atom des blogues et sites de nouvelles. Il s’agit d’un autre standard issu de la collectivité et mené par elle, qui répondait aux besoins actuels au moyen d’une approche du bas vers le haut.

Au cours des quelques dernières années, le GeoRSS est devenu de plus en plus répandu sur les sites Web qui utilisent des cartes et des données géospatiales. Google Maps, Yahoo Maps et Microsoft Bing supportent tous l’exportation et l’importation de données via GeoRSS, et des services de nouvelles majeurs comme Reuters et Al-Jazeera produisent du GeoRSS.

En dépit de cette adoption généralisée, le GeoRSS comporte certaines complexités, qui trouvent leur origine dans son développement. Il y a neuf « saveurs » potentielles de GeoRSS, bien que cela s’explique principalement par l’existence de trois formats de fils : RDF, RSS et Atom. Il y a encore trois formats du GeoRSS lui-même qui peuvent être utilisés dans n’importe lequel des formats de fils : W3C, Simple et GML. Tout ceci crée de la confusion chez les développeurs, particulièrement étant donné le fait que le format W3C est obsolète mais encore largement utilisé. Peut-être est-ce là une des raisons pour laquelle en dépit du fait que le GeoRSS n’est qu’une simple extension pour les formats actuels de fils, le GeoRSS n’est toujours pas supporté dans aucun des lecteurs de fils RSS majeurs, à part peut-être FriendFeed, de façon limitée.

De plus, le GeoRSS n’a pas vraiment progressé depuis un bon bout de temps, malgré de multiples demandes et discussions concernant l’ajout d’extension pour des localisations multiples, des laps de temps, des géométries externes et l’identification de caractéristiques.

La prochaine partie de cet article paraîtra dans les semaines à venir…

Vos commentaires
Soumettre un commentaire
Les opinions contenues dans les commentaires ci-dessous ne sont pas nécessairement celles de Directions Magazine français. Veuillez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Directions Magazine français.

Soumettre un commentaire * Indique un champ obligatoire
Nom:*
Compagnie/organisation:*
Sujet:
Message:
Note: Les adresses URL seront automatiquement converties en hyperliens. Maximum de 1000 mots.
 
 
 
Entrez ci-dessus le code de prévention des spams:
 
 

Annonceurs

© 2009 Directions Media. Tous droits réservés
194 Green Bay Road, Glencoe, IL 60022