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Compte-rendu du premier arrêt de la Tournée KOREM & Google 2009 - 2010
Par Jean-Louis Duchesne , Directions Magazine français
19 octobre 2009

J’étais à Montréal mercredi dernier pour le premier arrêt de la tournée canadienne de présentation des solutions Google pour entreprise Google Earth Enterprise et Google Maps API Premier. Tel qu’anticipé, le fait que des conférences aient été données par l’ensemble des divers acteurs qui forment l’écosystème des solutions d’entreprise, du fournisseur des produits (Google) aux intégrateurs (KOREM), en passant par des clients et des fournisseurs de solutions complémentaires, a permis de se forger une bonne idée des besoins auxquels peuvent répondre ces produits.

Les entreprises de TI ont souvent tendance, lorsqu’elles font la promotion de leurs produits, à ne vouloir rien omettre des particularités techniques sur lesquelles elles ont tant planché. C’est compréhensible, mais c’est en même temps peu évocateur pour le néophyte. Il en résulte un marketing qui donne l’impression de s’adresser au reste de l’industrie. Heureusement pour nous, ce roadshow semble faire exception, les gens de chez Google ayant été fidèles à leur réputation de désinvolture et de simplicité en nous offrant des présentations dynamiques et bourrées d’exemples concrets.


Scott Goodhew, directeur des produits Google Enterprise pour le Canada
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


Si je me suis permis ce petit commentaire sur les présentations à saveur trop technique , c’est pour aussi pour m’en servir comme préambule pour vous parler de la conférence qui a probablement le plus marqué l’auditoire présent au Musée des beaux-arts de Montréal, qui a sans contredit été celle donnée par Chris Johnson du U.S. Space and Rocket Center, qui travaille sur le projet Google Earth Enterprise et Virtual Alabama. J’ai parlé plusieurs fois de ce projet incroyable, réalisé au moyen de Google Earth Enterprise. Nous avons eu la chance de voir Mme Johnson nous exposer un peu plus avant tout ce que l’Alabama arrive à faire avec ce globe, dans lequel sont réunies des masses de données provenant d’une myriade d’organisations à l’échelle locale. Sécurité publique, transports, intervention d’urgence, gestion environnementale, éducation, agriculture, planification économique, etc., sont autant de secteurs qui bénéficient de cette plateforme de visualisation commune, centralisée. Et on ne parle pas des économies réalisées en termes d’élimination de la redondance que permet le fait que les données soient réunies au même endroit et accessibles à tous. Je suis tenté de vous donner quelques exemples précis de tout ce qu’on a intégré au globe, mais franchement je persiste à penser que cette vidéo, si vous ne l’avez pas encore vue, vous donnera une idée plus précise de qu’on accomplit dans le cadre de ce projet.

Ce qui est le plus étonnant avec Virtual Alabama, ce n’est pas tant la technologie comme telle autant que le fait que les responsables du projet aient réussi à convaincre des centaines d’organisations à rendre leurs données publiques. Je ne pense pas me tromper en avançant que la chose serait presque impossible à faire au Québec, par exemple, ou les chasses-gardées sont nombreuses. À cet égard, j’ai retenu le commentaire de Mme Johnson à l’effet duquel les organisations sont plus disposées à partager leurs données avec le public lorsqu’elles peuvent garder le contrôle sur celles-ci. Par conséquent, l’approche retenue pour Virtual Alabama aura donc été de laisser les organisations en charge de leurs données. L’affichage des données a donc été centralisé, mais pas leur production et leur mise à jour, dont les organisations restent responsables. Cela favorise la transparence, en permettant à tout le monde de voir les endroits où les données disponibles sont insuffisantes ou de mauvaise qualité. Sans compter que cela stimule aussi l’innovation, en fournissant littéralement une scène sur laquelle les efforts fournis peuvent être mis en valeur sur la place publique.


Chris Johnson, du U.S. Space and Rocket Center, responsable du projet Virtual Alabama


N’empêche que pour faire tout ça, il faut une plateforme, un globe, et il semble que Google Earth Enterprise fasse très bien le travail. Trois personnes seulement sont en charge de l’opération du système! Bien sûr, un des principaux avantages du globe est la familiarité qu’il offre, doublé du fait qu’il permet de réunir des tas de données dans divers formats au sein d’un seul outil Web de visualisation. Les gens de chez Google ont offert un bon tour d’horizon, complet sans être assommant, de ce qui peut être fait avec leurs produits cartographiques pour entreprise. Ils ont martelé, avec raison, les principaux points forts de ces produits, dont les fonctionnalités SIG comme telles sont limitées (et encore, à peu près tout est importable dans Google Earth Enterprise, alors…), mais qui offrent familiarité, fiabilité et la garantie d’une innovation constante. Qu’on les aime ou non, il faut reconnaître la contribution phénoménale et continue de Google à l’évolution récente du géospatial, tant du point de vue de la donnée que des applications. J’ajouterais donc aussi l’évolutivité au nombre des avantages de Google sur ses compétiteurs, étant donné qu’au rythme ou vont les choses, ce n’est pas demain la veille que les solutions Google seront reléguées aux oubliettes.

Je suis revenu de la conférence avec l’idée qu’un autre avantage partagé par Google Earth Enterprise et l’API Google Maps Premier est que le fond de carte et une bonne partie des données présentées sont fournies par les serveurs de Google, ce qui rend les applications de cartographie en ligne particulièrement rapides et solides, idéales donc pour des applications grand public. Comme l’ont bien montré les gens de chez Bonjour Québec, l’API permet également de personnaliser l’apparence de la carte pour l’adapter aux besoins particuliers de l’organisation qui l’héberge, en plus d’offrir la possibilité de perfectionner le géocodage, etc. L’API Google Maps Premier permet aussi de bénéficier de Street View, de la génération d’itinéraires (qu’il est possible de modifier en « tirant » le tracé), etc.


Denis Laprise, de Poly 9, a présenté mapspread, un service de cartographie Web qui s'appuie sur Google Maps
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


Poly 9 et Groupe Alta, deux entreprises de Québec, ont présenté des produits très sympas développés au moyen de l’API. Mapspread, de Poly 9, est un service de cartographie Web basé sur Google Maps, qui permet d’importer des jeux de données dans divers formats, de les géocoder et de collaborer en temps réel sur les cartes, en plus de pouvoir faire des cartes thématiques. L’outil est simple, visuellement agréable et manifestement facile à utiliser. Groupe Alta, dont une des activités est la saisie d’imagerie aérienne 2D et 3D en très haute résolution (quelques centimètres!), a quant à elle présenté MyGeoWorld, un service Web qui permet d’accéder à l’imagerie selon un modèle basé sur l’abonnement plutôt que l’acquisition de lourds fichiers. MyGeoWorld est donc un portail d’exploration, dans lequel Google Maps est utilisée comme outil de navigation à travers les collections, les images dans la carte Google étant synchronisées avec les images de Groupe Alta, ce qui permet de se déplacer intuitivement vers les images souhaitées. Détail sympa, ces images sur le Web peuvent être visionnées en 3D.

Thierry Baulu, de JLR Recherche Immobilière, a aussi eu l’occasion de nous rappeler les multiples utilités du géospatial dans le domaine de l’immobilier. JLR « recueille, compile structure et diffuse les différentes transactions immobilières au Québec », effectuant ainsi une sorte de veille de l’activité immobilière à l’usage des investisseurs ou des particuliers. JLR fournit des informations sur les transactions immobilières et les rôles d’évaluation en ligne, et utilise Google Maps pour afficher les propriétés, mais aussi les comparables (voir exemple ici), etc.

Certains d’entre vous connaissez déjà l’application réalisée par KOREM pour SPOT Image, portail qui permet aux clients du fournisseur d’imagerie satellite de connaitre la trajectoire des satellites et les données qui peuvent être commandées, etc. En somme, c’est une bonne partie des communications entre SPOT et sa clientèle qui se fait via un portail de visualisation qui permet de comprendre en un coup d’œil des informations complexes relatives à la disponibilité des données. C’est une des applications réalisées avec l’API Google Maps les plus sophistiquées que j’ai pu voir, et dont il est évident qu’elle permet à SPOT de sauver passablement d’argent.


Brian Cutler a présenté le portail intéractif de visualisation et de commande des images satellites réalisé par KOREM pour SPOT Image
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


KOREM se spécialise dans l’intégration de données provenant de multiples sources, en utilisant non seulement les produits Google mais aussi une foule d’autres logiciels spécialisés, que ce soit des logiciels SIG traditionnels, des logiciels de routage ou de géocodage, d’intelligence d’affaires ou encore des systèmes de gestion de base de données (voir l’image ci-dessous). Les produits Google permettent de fédérer et d’harmoniser ces solutions et données en des interfaces familières, intuitives et performantes. Derrière ces applications en apparence simples se cachent toutefois des implémentations complexes que peu d’entreprises ont le savoir-faire nécessaire pour réaliser.


KOREM intègre une vaste gamme de logiciels et données à l'intérieur même des produits Google pour entreprise
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


En combinant tous ces produits, KOREM arrive à créer des applications variées, comme des consoles d’intelligence d’affaires, de gestion d’infrastructure, d’analyse statistique ou de surveillance, des portails grands public, des localisateurs de couverture ou de ressources, des applications d’analyse du risque et une variété étonnante d’autres applications opérationnelles utiles dans une quinzaine de marchés verticaux. Des événements comme celui-là nous rappellent donc pourquoi les Gartner, ABI Research et autres grands cabinets d’analyse des marchés nous annoncent périodiquement l’explosion imminente des services géolocalisés : le géospatial trouve son utilité dans tous les secteurs.

Franchement, la programmation de cet événement et la pertinence des solutions discutées, surtout dans le contexte actuel de difficile coopération entre les divers ministères, organismes et paliers de gouvernement, auraient justifié à mon sens que l’événement ait été diffusé à Radio-Canada à heure de grande écoute. Je vais écrire à Guy A. Lepage pour qu’il invite Chris Johnson à Tout le monde en parle, tiens. Blague à part, le projet Virtual Alabama est une leçon de collaboration et d’efficacité qui mériterait d’être connu par nos décideurs publics de tous les horizons.

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