TechCrunch a publié un courriel que Juha Christensen, l'actuel PDG de l'entreprise européenne Cloudmade (co-fondée par Steve Coast d'OpenStreetMap), a fait parvenir à ses clients et partenaires en guise de réponse à l'annonce récente par Google de l'application de navigation gratuite. Le texte révèle comment est perçu dans le marché ce chambardement majeur du paysage géospatial, tout en indiquant par la suite la voie que Cloudmade compte emprunter pour assurer sa prospérité. J'ai traduit ci-dessous des extraits de la première partie du texte, qui dépeint le nouveau visage que semble revêtre Google aux yeux de certains joueurs de l'industrie au lendemain de l'attaque nucléaire :
"Google vient d'annoncer qu'elle offrira la navigation. Jusqu'à maintenant, la navigation a représenté plus de 70% des deux milliards que vaut le marché de la cartographie. La mauvaise nouvelle pour les joueurs établis du domaine de la navigation comme Tele Atlas et NAVTEQ est que cela va réduire la valeur de la navigation, comme la valeur des cartes a été érodée précédemmment. La bonne nouvelle pour ces joueurs c'est que Google a maintenant montré clairement qu'elle est prête à entrer en compétition avec l'écosystème qu'elle a elle-même cultivé au cours des deux dernières années."
La statégie de Google est de tirer profit des cartes, incluant la navigation, pour étendre son actuel créneau en recherche jusqu'à la recherche locale. (...)
Google mise sur la création d'un créneau horizontal de recherche locale. (...). Google construit un ensemble de services "one size fits all" tournant autour de la cartographie, qu'elle entend fournir aux masses. Pensez à Google Maps, Latitude et Earth. Ce sont des applications horizontales, taille unique, avec peu ou pas de segmentation. Tout le monde utilise la même application.
Pendant ce temps, alors qu'elle développe des applications pour utilisateurs finals plutôt que de s'en tenir au rôle de plateforme, Google cause des dommages collatéraux considérables. Son avancée dans un territoire normalement occupé par les opérateurs mobiles, les manufacturiers d'équipement spécialisé (OEM) et les petits, moyens et grands développeurs a retourné le marché contre lui-même. La lune de miel est terminée et les jours du "ne-fait-pas-le-mal" (sic) aussi. Google a montré que chaque poche technologique où se trouve de l'argent est pour elle une cible, y compris les créneaux clés occupés par Apple, Microsoft, les opérateurs mobiles et, maintenant, les développeurs d'applications mobiles. (...)
Il est certain que ce dernier geste de Google a servi à clarifier la chaine de valeur. Au cours des derniers jours, j'ai parlé à des gens à travers l'écosystème. À date, l'incertitude quant à ce que Google allait faire a fait en sorte que de nombreux opérateurs mobiles, manufacturiers d'appareils et développeurs d'applications ont choisi d'attendre de voir ce qu'il allait se passer. Maintenant que Google a dévoilé son jeu et indiqué clairement qu'elle est prête à compétitionner directement avec des parties substantielles de l'écosytème pour mettre la main sur le marché de la recherche locale, on constate que le "attendez-voir" est terminé. Puisque Google décide de faire cavalier seul plutôt que de coopérer avec l'écosystème, les règles de base ont été énoncées et le paysage compétitif est clair."
En somme, on y affirme que Google a ni plus ni moins déclaré la guerre aux développeurs. Pourquoi? Parce qu'ils ont lancé une bonne application, gratuite (!). On y accuse aussi Google d'être un "joueur économique irrationnel", qui détruit de la richesse pour servir ses propres intérêts. Mon opinion sur tout ça? Google poursuit son oeuvre de démocratisation des technologies basées sur la géolocalisation grâce à ce merveilleux véhicule que sont ses revenus publicitaires. Pourquoi devrait-elle avoir des scrupules à se débarrasser de joueurs qui vendent à prix d'or des biens qui sont en fait devenus des commodités? Certes, elle fait mal à une partie de l'industrie, mais c'est néanmoins l'utilisateur final qui en sortira gagnant, comme avec Google Maps. À mon sens, cela ne pourra que forcer le développement d'applications d'une plus grande originalité. Par ailleurs, il est faux de dire que Google n'offre que du "taille unique", puisqu'une gamme infinie de produits et applications peuvent être intégrés à Google Maps et Earth.
Essentiellement, Google Maps et Earth offrent 1) la familiarité, 2) l'hébergement des données de base sur les serveurs de Google et 3) l'intégration facile de la recherche Google et de quelques autres fonctionnalités (Steet View, circulation, immobilier, etc.). Google possède un avantage évident pour toutes les applications grand public, pourquoi s'en priverait-elle? Du reste, et comme le mentionne justement Christensen, le champ reste libre pour la création d'applications verticales.
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| le modèle free de google...et que dire du modèle "less-than-free"! je vous invite à lire ce billet: http://abovethecrowd.com/2009/10/29/google-redefines-disruption-the-“less-than-free”-business-model/ @FrankBergeron |
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